Introduction
1) Les états financiers prévisionnels initiaux
– Rentabilité : Compte de résultat
– Trésorerie : plan de financement (an), plan de trésorerie (mois)
2) Les écarts entre : prévisions // réalisés
3) Les états financiers prévisionnels ré-estimés
Conclusion

INTRODUCTION

La vie de l’entreprise, d’un point de vue financier, dépend de 2 paramètres très importants :
– sa trésorerie ,
– sa rentabilité,
– Et de leur équilibre financier.

Ces paramètres sont à anticiper via le prévisionnel financier, à réaliser :
– avant une création d’entreprise, afin de vérifier sa viabilité,
– avant chaque nouvel exercice social, afin de s’assurer de l’équilibre financier. Ce qui peut ainsi amener l’entreprise à modifier sa stratégie initialement prévue.

Le calcul des écarts entre le réalisé et le prévisionnel devra se faire à intervalles régulières afin d’identifier les raisons des écarts, et d’y apporter des actions correctives.

Le Prévisionnel financier annuel sera à ré-estimer :
– régulièrement en cours d’année, chaque mois ou chaque trimestre en fonction de la réalité comptable,
– lors de toute nouvelle décision interne importante (nouvel investissement par exemple) ou évènement externe impactant l’entreprise (nouveau concurrent par ex),
Et ainsi amener l’entreprise en cours d’année à modifier sa stratégie.

1) Les états financiers prévisionnels initiaux : Rentabilité & Trésorerie

1.1) Rentabilité : Le compte de résultat

Etape 1 : compléter chacune des rubriques du compte résultat détaillé : voir exemple tableau excel Société Mirabelle.

–  Calculer le Chiffre d’Affaires en fonction de l’étude de marché préalable (exemple : 20 clients par jour à 50€ le repas sur 300 jours travaillés = 300 000 € HT de CA),
– Calculer les frais variables (ex : coefficient moyen achats à ventes de 2 = 150 000€ ht d’achats de matières),
– Calculer les frais fixes généraux : edf, assurance, tél, expert-comptable…demander des devis aux fournisseurs.
– Calculer les charges sociales, impôts et amortissements (consulter son expert-comptable).
– Calcul du seuil de rentabilité : chiffre d’affaires minimum à réaliser dans l’exercice pour couvrir au moins toutes les charges de cet exercice.
– Tous les montants seront en Hors Taxe (sans tva) si votre organisation est assujettie à la tva, sinon TTC.
– A réaliser de préférence sur au moins 3 ans, voir plus.

Etape 2 : synthèse du compte de résultat.

L’établissement du compte de résultat prévisionnel mettra ainsi en évidence la rentabilité dégagée : bénéfice ou perte.
Bénéfice ou perte à intégrer dans le plan de financement ensuite.
La stratégie de l’entreprise sera réexaminée au vu de ces 2 états prévisionnels : compte de résultat et plan de financement.

1-2) Trésorerie : plan de financement (an), plan de trésorerie (mois)

* Plan de financement sur 3 ans

– Fonds de roulement (FR) : est défini comme l’excédent de capitaux stables, par rapport aux emplois durables, utilisé pour financer le Besoin en Fonds de Roulement.
– Capacité d’autofinancement :
Flux potentiel de TRESORERIE dont dispose l’entreprise
=          résultat net comptable
+ charges calculées (dotations aux amortissements et provisions)
– les produits calculés des reprises sur provisions et amortissements
– Besoin en fonds de roulement (BFR) : représente le décalage de trésorerie provenant de l’activité courante de l’entreprise (l’exploitation).
Exemple de calcul du BFR pour le poste « créances clients »
Hypothèse : les clients paient à 30 jours = 1 mois de CA ttc.
CA de décembre 2009 = 31 861€ HT x 1.196 (taux de tva 19,60% en 2009 *) : créances clients fin 2009 = 38k€ TTC
CA 2ème année : 118.8k€, créances clients fin 2010 = 11.8k€
CA 3ème année : 130.7k€, créances clients fin 2011 = 13k€
(*) taux normal de tva en 2018 à utiliser : 20%, soit taux de conversion ht à ttc sera 1,20.
Variation du BFR :
1ère année :   38 – 0 = 38k€   besoin de trésorerie
2ème année : 11.8 – 38 = -26k€        ressource de trésorerie
3ème année : 13 – 11.8 = 1.2k€        besoin de trésorerie
Pour les stocks : le calcul du BFR pourra se faire en nombre de jours d’achats stockés ; pour les fournisseurs : en fonction du délais de paiement moyen.
– Variation de trésorerie : l’addition de la variation du FR avec la variation du BFR donnera ainsi la montant de la variation de trésorerie annuelle, et ainsi permettra de calculer le solde de trésorerie en fin d’année.
Un solde de trésorerie négatif devra amener le gestionnaire à réagir et à revoir sa stratégie financière :
– augmenter sa rentabilité : hausse des recettes, baisse des charges ;
– augmenter sa trésorerie : apport des associés, diminution du délai de paiement accordés aux clients, renégociation du découvert bancaire…
Stratégie financière qui impactera donc les autres politiques de l’entreprise (communication, comptabilité, qualité…).
Les prévisionnels financiers seront donc à corriger, à ré-estimer, en fonction des nouvelles actions stratégiques prévues.

* Le plan de trésorerie (mois)

– Le plan de trésorerie : récapitule les dépenses et recettes prévues sur le compte de résultat prévisionnel annuel et le plan de financement annuel, ceci de manière mensuelle, pour celles et ceux encaissées ou payées uniquement.
– Le plan de trésorerie mensuel peut ainsi mettre en évidence une trésorerie négative en cours d’année, malgré une trésorerie finale positive en fin d’année.
– Un solde négatif supérieur au découvert autorisé devra amener le gestionnaire à prendre les dispositions pour y remédier.

2) Les écarts entre : prévisions // réalisés

– Les prévisions financières initiales établies donnent ainsi des objectifs annuels à respecter : un certain niveau de chiffre d’affaires, de charges, de délai de règlements des clients…
– Afin de s’assurer que l’entreprise respecte bien ses objectifs annuels, nécessité de comparer le réalisé par rapport au prévisionnel, en cours d’année.
– Pour chacun des états prévisionnels financiers établis (compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie) : rajouter des colonnes supplémentaires suivantes : « réalisé » / « écart » / « raison de l’écart » / « actions correctives ».
– Calcul des écarts à réaliser régulièrement (mois, trimestre…).
– D’autres indicateurs financiers seraient à suivre aussi en terme de trésorerie par ex : délai de règlement des créances clients/des dettes fournisseurs ; délai de rotation des stocks … à indiquer dans un tableau de bord.
– Des indicateurs non financiers pourraient être suivis également (indicateurs physiques qui mesurent la qualité, le traitement des commandes… ; indicateurs ressources humaines ; indicateurs de suivi de projets ; indicateurs RSE).

3) Les états financiers prévisionnels ré-estimés

Le Prévisionnel financier annuel sera à ré-estimer :
– régulièrement en cours d’année, chaque mois ou chaque trimestre, en fonction de données réactualisées par rapport à la réalité (ex : inflation réelle de 2% au lieu des 3% prévues sur les frais généraux).
– lors de toute nouvelle décision prise en interne (nouvel investissement par exemple) ou évènement externe impactant l’entreprise (nouveau concurrent par ex),
Et ainsi amener l’entreprise en cours d’année à modifier sa stratégie.
Cette ré-estimation est à faire pour l’ensemble des états prévisionnels de rentabilité et de trésorerie.
Le calcul consiste à rajouter aux montants réalisés à une date donnée, les montants des dépenses et des recettes pour les mois de l’exercice restant à venir.

Conclusion
« gérer, c’est prévoir »

La réalisation des états financiers prévisionnels initiaux, avant la création de l’entreprise ou avant le début de l’exercice, permet ainsi d’adapter les orientations stratégiques et les actions opérationnelles, dés le départ, afin de viser un équilibre financier de sa rentabilité et de sa trésorerie.

Le suivi des écarts financiers entre le prévisionnel et le réalisé permet d’engager les actions correctives en cours d’année par rapport aux raisons de ces écarts.

La réalisation de prévisionnels financiers ré-estimés, en cours d’année, permet de corriger sa stratégie si besoin afin de conserver un équilibre financier et de mieux piloter l’entreprise pour les mois restants à venir.

L’ensemble de ces états financiers de base pourront être déclinés en sous états afin d’affiner la gestion (CA prévisionnel par Direction Régionale / CA prévisionnel par catégorie de produits…) afin de donner des objectifs précis aux responsables.

Un tableau de bord synthétique de gestion pourra reprendre les principaux chiffres clefs (chiffre d’affaires, taux moyen de marge brute …).

D’autres indicateurs importants de gestion pourront être suivis également, financiers (délai moyen de règlements clients/fournisseurs …), et non financiers (jours d’absences maladies, nombre de réclamations clients …), ainsi que des indicateurs RSE avec prise en compte des dimensions sociales, sociétales et environnementales.